Lorsque l’on visionne des collections d’habits historiques du 17e, du 18e-bien encore du 19e siècle en comparaison des tenues que portent la majorité des gens à ce jour autour de nous on est en droit de se demander pour quelles raisons sommes-nous passés d’un raffinement de coupes et de tissus qui embellissaient les corps et imposaient le respect par la recherche et la sophistication qu’une personne pouvait s’accorder tant pour elle-même que pour son entourage. Ne serait-ce que pour sublimer les instants vécus.

C’est par cette différence qu’interviennent les notions vitales de désir et de séduction.

Nous savons tous que c’est l’art d’un rien qui change tout et que tout est dans la personnalisation des détails. Le vêtement doit donc traduire à la fois la notion d’excellence qui est au fond de chacun d’entre nous tout comme l’art existe puisque créer n’est-il pas d’exprimer quelque chose que l’on n’arrive jamais à dire ?

Nous assistons en ce moment même à la fin d’un système ou faire prédomine sur le savoir-faire qui ne peut être que réducteur pour servir un système de production ramenant chaque individu à se plier aux tailles produites.

La vraie question pour le futur est très simple à savoir sommes-nous faits pour nous plier à une encolure de 38 et un tour de taille de 50 pour résumer ainsi toutes les détails et formes de nos corps respectifs ?

Ne dit-on pas que l’on se souvient toujours des premières secondes où l’on rencontre une autre personne et n’est-ce pas là l’évidence que la perception des détails extérieurs par son apparence et ses habits traduira telle ou telle personnalité ?

Le savoir-faire et la recherche de l’excellence seront les deux maîtres mots des années à venir et je reprendrais volontiers cette très belle phrase du philosophe Gilles Lipovsky qui me semble parfaitement résumer la chose de belle façon.

« N’ayant plus foi en un avenir qui serait mécaniquement meilleur et plus juste il nous reste l’espoir d’un mieux-être, la fête des sens, l’attente des beautés qui nous sortent de la grisaille du quotidien, la part du rêve, de l’excellence et du superlatif dont l’homme a tant besoin «

Eric Provent

Négociateur

Conseil en opérations de luxe

Ancien président du groupe soyeux Marc Rozier